…Il a ressurgi, le vent, à l’heure de l’angélus. Familier d’abord, lâchant quelques bourrades au dos des maisons.
le bruit de la clenche
derrière la porte en bois
premiers réverbères
Et puis son intrusion, jusque dans les pierres sèches des clos centenaires.
en plein mur
la course des ombres
Aziyadé à l’affiche
Sur les coups de minuit, grondement sourd, continu, surgi de l’océan.
rideau -
du sel
sur les vitres
Souffle impérieux, infatigable, léchant, creusant, récurant le moindre interstice.
pieds nus
de la poussière sur le plancher
douleur aux tempes
Trois heures du matin. La mer furibonde assiège les digues, arrache les parapets, éventre, déracine, engloutit.
sur l’almanach
des enfants jouent au train de chaises*
liaisons coupées
Soleil matinal. Aucun coq n’a chanté. Dans les vastes terres noyées, des oiseaux de mer égarés. Un ibis survole lentement le marécage.
L’eau, la boue, jusqu’au coeur des villages.
dans le cupressus
le chant du rossignol
clair comme jamais
* "Le train de chaises des Tuileries", photo de Robert Doisneau
Xynthia, dimanche 28 février 2010
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