jeudi 13 septembre 2012

Shikoku Muchujin-Shikoku Haïku Méguri “Balade – Haïku dans l’île de Shikoku” (16)


SHIKOKU EN VUE !





Après des heures de voyage, nous voici enfin parvenus à destination. Le vol a duré quatre-vingt-dix minutes entre Séoul et Marugame où nous rejoignons le confortable hôtel Okura. La grisaille du départ s'est vite dissipée, à la faveur d'une vaste trouée bleue puis, peu à peu, l'avion s'est coulé dans la chaude nuit nipponne.

entre les nuages
de longs rubans de lumière
îlots inconnus

Nous sommes accueillis à l'aéroport par une banderole de bienvenue et le sourire radieux de l'équipe chargée du projet, Mié Ozaki, présidente de l'association Mushujin, en tête.

La température avoisine les 33° sur le sol de Shikoku.

arrière-saison
seule la voix des cigales
scande les secondes


La maison du vent

Dans le hall de l'hôtel, nous découvrons "La maison du vent". Une aérienne exposition d'éventails faits de bambou : 90% des éventails fabriqués au Japon proviennent de Marugame.




Quelques photos et hop ! nous nous installons dans la salle de restaurant pour un délicieux réconfort.



un repas typique
Marugame no sake
aux Quatre saisons




Quelle heure peut-il être ? Je n'entends plus un bruit à l'étage des chambres... Je vais vite récupérer de ma fatigue du voyage moi aussi, dans ce bon lit qui n'attend plus que moi. Demain, le programme s'annonce riche.

**

Shikoku Muchujin-Shikoku Haïku Méguri “Balade – Haïku dans l’île de Shikoku” (15)



J 1
 
 


transit à Séoul
après la nuit sans sommeil
quatre heures d'attente



la pluie annoncée
bien présente au rendez-vous
les monts dans la brume

**

mardi 11 septembre 2012

Shikoku Muchujin-Shikoku Haïku Méguri “Balade – Haïku dans l’île de Shikoku” (14)


J - 1


Photo Cécile D.

au coeur
des fruits de la passion
le soleil

**



Dites leur bien
que j'étais un mangeur de kakis
aimant les haïkus !

Shiki (trad. Atlan)

**

Bill a écrit :

my first bite
of persimmon
a taste of Shiki


ma première bouchée
de kaki
un avant-goût de Shiki
(trad. Danièle)

**

Derniers préparatifs. J'ai peu dormi cette nuit, forcément. Ce matin, je découvre ici de nombreux clins d’œil et petits mots sympathiques pour me souhaiter bon voyage. Merci à tous !

Voici quelques précisions sur mon vol...

A très bientôt !





ITINERARY
DATE
CITY/AIRPORT
TIME
FLIGHT/CLASS/SEAT
STATUS
TERMINAL
12SEP
(WED)
PARIS CHARLES DE GAULLE AIRPORT 
19:50
OZ0502/S /
OK
AEROGARE 1
SEOUL INCHEON AIRPORT 
13:50
(13SEP)
ASIANA AIRLINES

FB:SLRX2FR
NVB/NVA:
12SEP/12SEP


13SEP
(THU)
SEOUL INCHEON AIRPORT 
17:40
OZ0166/S /
OK

TAKAMATSU 
19:15
ASIANA AIRLINES

FB:SLRX2FR
NVB/NVA:
13SEP/13SEP


28SEP
(FRI)
TAKAMATSU 
09:30
OZ0165/S /
OK

SEOUL INCHEON AIRPORT 
11:10
ASIANA AIRLINES

FB:SLRX2FR
NVB/NVA:
28SEP/28SEP


28SEP
(FRI)
SEOUL INCHEON AIRPORT 
12:50
OZ0501/S /
OK

PARIS CHARLES DE GAULLE AIRPORT 
17:50
ASIANA AIRLINES
AEROGARE 1
FB:SLRX2FR
NVB/NVA:
28SEP/28SEP







Retrouvez aussi les deux autres poètes sélectionnés :



















dimanche 9 septembre 2012

Shikoku Muchujin-Shikoku Haïku Méguri “Balade – Haïku dans l’île de Shikoku” (13)


J - 3



peu à peu
l'île se vide - le goéland
bec clos



sur le toit
la pluie lourde
ma valise bouclée

 **

Santoka s'est éteint dans son sommeil dans la nuit du 10 octobre 1940, près de Matsuyama. Au cours de notre périple à Shikoku, nous allons visiter l'ermitage du poète voyageur. 

Si loin
le pays natal - 
les arbres bourgeonnent

Sur mon chapeau de jonc
plop !
c'était un camélia

Verse l'averse d'automne -
le chemin
encore et toujours

Santoka (trad. Atlan)

**

Haïku de la part d'Iris :

sur une pierre
la libellule
rêve en plein jour


Santoka

vendredi 7 septembre 2012

Shikoku Muchujin-Shikoku Haïku Méguri “Balade – Haïku dans l’île de Shikoku” (12)



 J - 5

J'ai acheté le roman-haïku L'attrapeur de libellules* mais n'ai pas encore eu le temps de l'effeuiller. J'attends novembre, ses pluies, son vent...
Je suis dans les valises jusqu'au cou - lequel me suis à moitié rompu hier, à moitié seulement, en tombant en arrière après la baignade.

un bateau ou une île
sur la ligne d'horizon 
l'odeur des vagues


Quel temps à Shikoku en ce moment ? Woozor m'indique "la météo gratuite à dix jours" : pluies, orages, pluies, orages... et une température de 23° à 32 °. Zut ! Il va falloir ajouter un imper. Au fait, elle est violette ma valise ! Je la verrai mieux... et c'est un beau bébé de 5 kg déjà - à jeun.
T-shirts, pantalons, jupes, appareil photo, portable, enregistreur, papiers, bouquins, sac à dos... et dire que j'ai déjà du mal à la soulever quand je pars juste pour deux trois jours ! Tout le monde ou presque m'envie. Ils n'imaginent pas la galère ! Il faudra aussi laisser un peu de place pour les souvenirs. Une seule solution : diviser par deux le nombre de vêtements initialement prévus.

Et la monnaie ? J'espère pouvoir changer à l'aéroport. Le taux euro/yen est de 1/99.36. Je vais en avoir des coupures ! Dans ce sens-là, je ne dépenserai pas trop car tout va me paraître très cher.

Bon, assez parlé. Le boulot m'attend.


avant-goût
au-dessus de la maison
le bruit d'un avion 


*AKOUNINE, Boris : L'attrapeur de libellules, trad. Odette Chevalot, Presses de la Cité, 2009.


**





mardi 4 septembre 2012

Shikoku Muchujin-Shikoku Haïku Méguri “Balade – Haïku dans l’île de Shikoku” (11)


J - 8



Et pendant que je prépare ma valise pour Shikoku...





premiers pas
sur un chemin inconnu
sa première rentrée
la poupée de chiffon
l'accompagnera-t-elle ?

**

samedi 1 septembre 2012

Shikoku Muchujin-Shikoku Haïku Méguri “Balade – Haïku dans l’île de Shikoku” (10)


J - 11


fin de canicule
qui pointe-t-elle de l'index
la forêt ?

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HÔSAI 
("Celui qui a lâché prise")


En 1885, naît Hôsai (Ozaki) à Tottori.
Sous l'influence de Seisensui Ogiwara, il se passionne très jeune pour  le haïku. Diplômé à Tokyo en 1909, il commence à sombrer dans l'alcoolisme suite à des déboires amoureux.
Il travaille quelques années dans une compagnie d'assurance qu'il quitte bientôt pour devenir moine boudhiste. Mais son penchant pour l'alcool ne s'arrange pas, si bien que sa vie ne sera que souffrance et errance.
Il finit ses jours en 1926, sur l'île de Shodo, dans l'ermitage Nango ("le pays natal du Sud"). 
Sa poésie, très libre, est empreinte d'une profonde solitude.


Une journée sans un mot -
j'ai montré
l'ombre d'un papillon


Au fond de la brume
le bruit de l'eau -
je pars à sa rencontre


Si seul
que je fais bouger mon ombre
pour voir


Ozaki Hôsai

Anthologie du poème court japonais (Corinne Atlan, Zéno Bianu, Poésie/Gallimard, 2006).

**